Naghash Ensemble: Sounds of Armenia

Naghash Ensemble: Sounds of Armenia

L'emplacement : Imperial Theatre

Date : jeudi 03 février 2022

Spectacle commence : 19h30

Billets: 37,50$ adultes | 32,50$ abonnés

"Le Naghash Ensemble combine la spiritualité rustique de la chanson folklorique arménienne, la nouvelle musique classique, le post-minimalisme contemporain et l’énergie du rock et du jazz. Trois brillantes chanteuses et quelques-uns des meilleurs instrumentistes arméniens au duduk, à l’oud, au dhol et au piano jouent une nouvelle musique basée sur des textes sacrés du poète et prêtre mystique arménien médiéval, M’krtich Naghash.

Écrit par le compositeur arméno-américain John Hodian, Songs of Exile du Naghash Ensemble est une profonde méditation sur la relation de l’homme avec Dieu du point de vue d’un moine contraint de vivre en exil pendant de nombreuses années. Une musique à la fois folklorique et classique, profondément émouvante.

« L’Orient rencontre l’Occident et l’antiquité rencontre la modernité dans ce recueil de réflexions, de lamentations et d’incantations. Très intrigant et pourtant accessible. »   — NPR

« Le compositeur John Hodian donne vie aux poèmes du prêtre arménien du 15e siècle, M’krtich Naghash. Bien que les chansons soient indubitablement arméniennes, elles ne connaissent pas de frontières. »    — Armenisch-Deutsche Korrespondenz

Hasmik Baghdasaryan, soprano, Tatevik Movsesyan , soprano, et Arpine Ter-Petrosyan , alto

Tigran Hovhannisyan, au dhol,Aram Nikoghosyan, à l’oud, Emmanuel Hovhannisyan , au duduk, et John Hodian, au piano et à la composition

NOTES DU COMPOSITEUR - JOHN HODIAN

L’idée du Naghash Ensemble est née quand j’ai entendu pour la première fois le quintette vocal Luys chanter au temple Garni, à l’extérieur d’Erevan, en Arménie. Ils chantaient surtout de la musique spirituelle arménienne médiévale qui était amplifiée par l’acoustique stupéfiante du temple Garni. Le son est resté en moi pendant des jours et j’étais déterminé à composer des créations qui s’inspiraient de ce son, mais d’une nouvelle façon.

Il a fallu des années pour découvrir le bon texte. J’ai passé de nombreux mois à faire des recherches dans les bibliothèques d’Erevan, de New York et de Berlin. Quand j’ai finalement découvert un petit fragment du poète médiéval arménien Mkrtich Naghash, les mots m’ont immédiatement frappé et insufflé mon âme… j’ai su alors que j’avais trouvé mon texte. Étant à Erevan à l’époque, j’ai pu retrouver le reste des 16 derniers poèmes. Après avoir longuement réfléchi aux textes à utiliser, j’ai décidé de m’en servir au complet.

Sans avoir à l’esprit un ensemble particulier (autre que des voix féminines), j’ai laissé les textes dicter ce que devait être la musique. Les instruments de l’ensemble ont été choisis de manière intuitive, mais en prenant du recul, je trouve qu’ils complètent les textes à merveille, car ils contiennent des éléments structurés (quatuor à cordes et piano) contrebalancés par les sons rustiques du dhol, du duduk et de l’oud.

Naghash était avant tout un prêtre et sa poésie était un prolongement de ses sermons. Ses mots sont à la fois profonds et simples, conversationnels et poétiques. J’ai été particulièrement intéressé par les textes qui traitent de la détresse du « Ghareeb » ou exilé, une personne sans patrie. Je suis d’origine arménienne, j’ai grandi à Philadelphie et à New York et je vis maintenant à Los Angeles, parfois à Berlin et à Erevan. Je peux donc m’identifier à la triste situation des Ghareeb (et peut-être à la plupart des Arméniens).

En tant que descendant de survivants du génocide, je connais bien les histoires de décisions prises en une fraction de seconde pour savoir où fuir, à qui faire confiance et comment survivre à la tragédie indicible du génocide arménien. Les Arméniens ont été dispersés dans le monde entier, et c’est le destin, la chance et le courage personnel qui ont été à l’origine de l’endroit où chaque survivant se retrouverait, que ce soit à Paris, à Boston, au Liban, en Iran ou ailleurs sur la planète. J’ai toujours été frappé par le fait que ces décisions, prises en un instant par les survivants, ont eu des répercussions sur les générations à venir.

Comme beaucoup de compositeurs contemporains, je me méfie des étiquettes et je ne sais pas comment décrire la musique de l’ensemble Naghash. Folklorique ou classique? Ethnique ou cosmopolite? Ancienne ou moderne? En fin de compte, c’est le produit naturel de quelqu’un qui a été élevé en écoutant uniquement de la musique arménienne à la maison, qui a étudié la musique classique européenne dans sa jeunesse, qui a gagné sa vie en tant qu’improvisateur de jazz, mais qui, comme nous tous, a été constamment entouré de musique rock contemporaine.